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Par le Dr Magdalena OLENDER, Ancienne résidente du collège européen de neurologie (ECVN).

Un berger allemand de 5 ans est référé pour une ataxie et parésie plus marquées sur les membres pelviens évoluant depuis 4 jours, avec une dégradation depuis 24h. L’examen neurologique met en évidence une ataxie et paraparésie non ambulatoire des membres pelviens ainsi qu’une discrète parésie et retard proprioceptif du membre thoracique gauche. Les réflexes médullaires sont conservés. L’examen des nerfs crâniens étant normal, la localisation neuroanatomique est en faveur d’une myélopathie C1-C5 latéralisée à gauche.

Une IRM de la région cervicale est effectuée et met en évidence une lésion en regard des vertèbres C2-C3, latéralisé à gauche (Fig. 1 et 2). La volumineuse masse occupe jusqu'à 90% de la surface  du canal vertébral en coupe transverse (Fig. 3).

La lésion est hyperintense en séquence T2, hypointense en T1 et rehausse fortement et de façon homogène après l’injection de produit de contraste (Fig. 2 et 3).

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 Figure 1. Image IRM sagittale en séquence T2

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Figure 2.  Image IRM sagittale en séquence T1 postcontraste

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Figure 3.  Image IRM transverse en C2-C3 en séquence T1 post-contraste (3D VIBE) (cercle = lésion, flèche = moelle épinière)

La séquence HASTE (Fig. 4 et 5) montre une image typique d’une lésion intradurale extra médullaire en "tee de golf" ("golf-tee sign" en anglais) (Fig. 4). Cette séquence (HASTE) sert à souligner le signal du LCR qui apparait hyperintense, ce qui donne une image comparable à un myéloscanner (ou une myélographie).

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Figure 4. Image IRM dorsale en séquence HASTE

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 Figure 5. Image IRM sagittale en séquence HASTE

 

Compte tenu des caractéristiques radiologiques, l’hypothèse la plus probable est celle d’un méningiome rachidien.

Les méningiomes, étant des tumeurs extra médullaires et assez bien délimités, sont souvent accessibles chirurgicalement.

Dans le cas de notre patient, un abord dorsal et une hemilaminectomie C2-C3 est effectué. Pendant la chirurgie, la durotomie permet de visualiser la masse, qui est ensuite retirée en bloc (Fig. 6).

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Figure 6.

L’examen histologique confirme l’hypothèse d’un méningiome et permet de classifier la lésion comme un méningiome atypique de grade II.

Un méningiome est une tumeur extra-axiale, qui de développe a partir des méninges. C’est une tumeur presque toujours bénigne, à croissance très lente. Sa localisation préférentielle dans la colonne vertébrale est la région cervicale crâniale, suivi par la région lombaire et rarement thoracique. Les signes cliniques peuvent être initialement très discrets et apparaissent souvent quand la lésion est déjà d’une taille importante, comme dans le cas de notre patient. La prise en charge préférentielle est la chirurgie, associée à une radiothérapie post-chirurgicale. Une chirurgie seule peut donner de bons résultats en terme de survie, avec des récidives rapportées entre 3 mois et 3 ans après chirurgie. La radiothérapie est conseillée en association avec la chirurgie, et peut prolonger la période sans récidive jusqu’à 6 ans (avec une moyenne de survie de 508 jours dans une étude).

Bibliographie : 

Lacassagne K, Hearon K, Berg J, et al. Canine spinal meningiomas and nerve sheath tumours in 34 dogs (2008-2016): Distribution and long-term outcome based upon histopathology and treatment modality. Vet Comp Oncol. 2018;16(3):344-351.

Petersen SA, Sturges BK, Dickinson PJ, et al. Canine intraspinal meningiomas: imaging features, histopathologic classification, and long-term outcome in 34 dogs. J Vet Intern Med. 2008;22(4):946-953. 

Par le Dr Nicolas Girard, DipECVD, spécialiste en dentisterie.

Un chien de 5 ans est présenté pour une lésion sévère de la gencive en regard de la carnassière avec halitose et gène à la préhension orale modérée. Des soins locaux par détartrage associés à une antibiothérapie de longue durée n’ont pas permis une rémission de la lésion. L’examen clinique général est proche de la norme, associé à une adénopathie loco régionale modérée. L’examen oral sur animal vigile permet de confirmer la présence d’une fente gingivale sévère (Photo ci dessous) en regard de la carnassière mandibulaire droite (409). 

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Un examen radiologique alvéolaire est mis en œuvre sous anesthésie générale (Radio 1 : ci dessus à gauche). On observe différentes lésions qui permettent d’établir le scénario pathogénique :

-Une largeur (radiotansparence) de la chambre pulpaire et des deux canaux radiculaires plus importante que celle des racines adjacentes : cela souligne un arrêt de la dentinogénèse synonyme d’une perte de la vitalité pulpaire (nécrose pulpaire).

-Trois formes radiodenses au niveau de la chambre pulpaire mésiale : chacune représente une forme dentaire aberrante, inclue dans la pulpe dentaire. Cette malformation est connue sous sa terminologie latine ‘dens in dente’.

-Un déficit de structure de la paroi externe de la racine mésiale : lésion de résorption externe inflammatoire. La lésion est ici bien délimitée et semble prendre naissance au sein du canal dentaire.

-Deux images radiotransparentes bien circonscrites à l’apex des deux racines : lésions d’ostéolyse alvéolaire apicale en relation avec la nécrose pulpaire et le développement d’un granulome infectieux à l’apex des foramens apicaux.

-Une image de radiotransparence qui s’étend le long de la racine mésiale en relation avec la marge alvéolaire : ostéolyse alvéolaire endo parodontale conséquence de l’infection pulpaire engageant ici un processus inflammatoire le long du ligament parodontal, en direction de la gencive.

La malformation dentaire ‘dens in dente’ résulte d’une invagination de l’épithélium à l’origine de l’émail (sac ou follicule dentaire). Une continuité microscopique entre la forme dentaire aberrante et le parodonte aggrave parfois la lésion avec pour conséquence dans le temps une contamination bactérienne de la pulpe par voie exogène. La nécrose pulpaire est donc la conséquence ici de la malformation dentaire elle-même. Elle conduit à une parodontite périapicale qui s’étend ici sous une forme endo parodontale, aggravée par le processus de résorption radiculaire inflammatoire interne.

Ce type de malformation dentaire est souvent observé sur un mode symétrique. Une radiographie alvéolaire de la carnassière controlatérale est réalisée (309) (Radio 2, ci dessus à droite). On observe une lésion similaire mais à un stade de développement moins avancé et non aggravée par une résorption radiculaire inflammatoire interne.

Le traitement conservateur de la dent 409 n’est pas recommandé au regard du statut inflammatoire avancé des lésions. Une procédure d’extraction chirurgicale est réalisée : syndesmotomie, séparation radiculaire, luxation des deux racines, curetage alvéolaire, alvéoplastie, recouvrement des alvéoles par un lambeau muqueux gingival périosté, sutures points simples.

Le traitement conservateur de la dent 309 est par contre recommandé. Un traitement canalaire est mis en œuvre : ouverture des chambres pulpaires mésiale et distale, pulpectomie et débridement des parois canalaires, mise en forme des canaux et irrigation (NaCl 2,5%), activation ultrasonique de l’irrigant et obturation par thermo compaction ultrasonique latérale de gutta percha, restauration des accès canalaire par ciment glass ionomère puis photo polymérisation de résine composite (Radio 3 ci dessous). Compte tenu de l’antériorité de l’infection ici supérieure à 6 mois, le pronostic du contrôle de l’inflammation apicale est dans ce cas de 70%.

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Par Laurent COUTURIER, DipECVDI et Hervé BRISSOT, DipECVS.

Ce cas rapporte la découverte fortuite d'une masse surrénalienne lors d'une échographie abdominale pour gastroentérite chez un Siberian Husky de 12 ans. L'examen échographique montre la présence d'une masse surrénalienne à droite de 20*37 mm, discrètement hétérogène, se prolongeant dans la veine cave caudale et obstruant complètement celle ci. Un nodule de 16 mm avait déjà été noté au même endroit un an auparavant, sans aucun critère de malignité et sans aucun signe clinique. Un suivi échographique n'avait alors pas été réalisé.

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Echographie en 2021 et 2022 : nodule surrénalien D évoluant avec thrombus cave, atrophie controlatérale modérée de la surrénale G sans signes clinique associé.

L'angioscanner triple phase réalisé suite à la 2ème échographie confirme l'envahissement de la veine cave par la tumeur via la veine phrénico-abdominale et permet de mieux déliimiter la taille du thrombus et ainsi de mieux planifier la chirurgie.

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Angioscanner triple phase montrant la présece d'une masse surrénalienne droite ovalaire, mesurant 5,2x2,6x2,4cm, hétérogène et rehaussante de manière hétérogène, envahissant presque entièrement la lumière de la veine phrénico-abdominale craniale droite et comprimant la veine cave caudale adjacente. Un volumineux thrombus occupe la lumière de la veine cave caudale sur 4cm et l'infiltre crânialement à partir du quart cranial de la masse.

La chirurgie comprend les étapes suivantes : 

  • Laparotomie médiane xypho-ombilicale
  • Dissection de la glande surrénale après identification et protection du pédicule rénal droit
  • Après libération complète de la surrénale  et de la tumeur hormis la partie pénétrant dans la veine cave, des "garrots" vasculaires sont mis en place sur la veine cave en amont et en aval de la masse.
  • Après exclusion vasculaire, la veine cave est ouverte après section de la veine phrénico-abdominale.
  • La masse est complètement retirée et la veinotomie est refermée avec une suture simple de polypropylène 4-0
  • La procédure d'exclusion dure 5 minutes; la perte de sang est modérée. La pression artérielle est stable après rétablissement de la circulation sanguine.
  • Une unité de concentré globulaire est transfusée immédiatement après la fin de la suture vasculaire.
  • L'abdomen est refermée de façon classique.
  • La tumeur est conservée pour analyse histologique.
  • Une sonde urinaire est mise en place pour monitorer la diurèse postopératoire.

Hospitalisation pour oxygénothérapie, analgésie et drainage thoracique.

L'analyse d'histologique est en faveur d'un carcinome surrénalien dont l'exérèse apparait complète. La chienne ne présentait pas de PUPD ni de polyphagie à l'admission et le suivi post-opératoire est normal à un mois post chirurgie.

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Par Julien FRITZ, DipECVDI, spécialiste en imagerie médicale.

La dysplasie du coude est une anomalie de développement de l’articulation entre l’humérus, le radius et l’ulna. C’est une cause fréquente de boiterie chez le jeune chien, avec une prédisposition raciale notamment pour les Labrador Retriever, Golden Retriever, le Berger Allemand et les chiens de grande race en générale.

Les quatre entités responsables de dysplasie du coude sont l’incongruence articulaire, la fragmentation du processus coronoïde médial de l’ulna, la non union du processus anconé de l’ulna, et l’ostéochondrite disséquante du condyle de l’humérus. Elles génèrent en général une inflammation de l’articulation et le développement d’une arthrose du coude.

Les quatre entités de la dysplasie peuvent être associées ou non. Dans le cas d’une incongruence articulaire, il y a généralement une répartition anormalement asymétrique des forces sur les surfaces articulaires, générant un syndrome du compartiment médial, faisant supporter un poids plus important sur le processus coronoïde médial de l’ulna et pouvant être à l’origine d’une fissuration voire d’une fragmentation de ce relief osseux primordial dans l’articulation du coude.

Après examen orthopédique systématique permettant de cliniquement préciser que le coude est à l’origine de la boiterie, les techniques d’imagerie médicale sont généralement réalisées au préalable car ce sont des méthodes de confirmation diagnostic non invasives. Elles permettent en général d’évaluer l’atteinte des articulations des deux coudes, cette affection étant généralement bilatérale même lorsque la boiterie est clairement latéralisée.

L’examen radiographique des coudes, sur clichés réalisés en positions adaptées, peuvent permettre de mettre en évidence toutes ces lésions. L’examen scanner est cependant beaucoup plus sensible pour mettre en évidence les lésions osseuses du coude, et peut donc permettre de mettre en évidence des lésions radiographiquement subtiles mais cliniquement importantes.

Un jeune Berger Allemand mâle de 8 mois présentait une boiterie évoluant depuis quelques semaines. La boiterie est latéralisée à gauche et localisée au coude, indiquant un scanner en coupes fines (épaisseur de coupe 0,5mm) sur les deux coudes. L’analyse des images scanner permet de mettre en évidence une fissuration subtile du processus coronoïde médial de l’ulna à gauche (figure 1, flèches bleues). Pour comparaison, le coude droit (figure 2) montre un processus coronoïde médial lisse et régulier sans fissuration.

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Figure 1 : Reconstruction multiplanaire (MPR) centrée sur le processus coronoïde médial de l'ulna sur des images scanner du coude gauche acquises en coupes fines (0,5mm), fenêtrage osseux Une ligne radiotransparente est observée au sein du processus coronoïde médial de l'ulna (flèches bleues). PCM : processus coronoïde médial. Crédit photo : Azurvet.

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Figure 2 : Reconstruction multiplanaire (MPR) centrée sur le processus coronoïde médial de l'ulna sur des images scanner du coude droit acquises en coupes fines (0,5mm), fenêtrage osseux. Le processus coronoïde médial de l'ulna est lisse et régulier. PCM : processus coronoïde médial. Crédit photo : Azurvet.

L’arthroscopie reste néanmoins l’examen de choix (« gold standard ») pour évaluer une dysplasie du coude et en particulier évaluer le processus coronoïde médial de l’ulna, pouvant également permettre au chirurgien de réaliser à la fois le diagnostic définitif de l’affection ainsi que son traitement.

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Image d’arthroscopie d’un coude d’un chien présentant un syndrome du compartiment médial avec une lésion du processus coronoïde médial de l’ulna (flèches bleues courtes) avec chondromalacie et détachement de fragment (flèche bleue longue) et lésion secondaire d’ulcération du condyle huméral (flèches rouges). Crédit photo Hervé Brissot, AzurVet

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