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AzurVet a lu pour vous 05 21 : cytologie lors d'épanchement péricardique

Par Benoit Rannou, DipACVP & ECVCP, spécialiste en biologie clinique.

Intérêt de la cytologie pour le diagnostic étiologique des épanchements péricardiques chez le chien

Cagle LA, Epstein SE, Owens SD, Mellema MS, Hopper K, Burton AG. Diagnostic yield of cytologic analysis of pericardial effusion in dogs. J Vet Intern Med. 2014 Jan;28 (1) : 66–71.

L’étiologie des épanchements péricardiques est variée et inclut notamment la péricardite septique, des coagulopathies, la rupture d’une oreillette, des processus néoplasiques (lymphome, hémangiosarcome, mésothéliome, chémodectome principalement). Dans 20 % des cas environ, les épanchements péricardiques sont idiopathiques. Le pronostic varie fortement suivant l’étiologie de ces épanchements : sombre notamment lorsqu’il est secondaire à un hémangiosarcome (médiane de survie rapportée entre 1 et 4 mois) et bon à excellent pour les épanchements idiopathiques (temps de survie pouvant être supérieur à 4 ans).

Chez l’Homme, il a été établi que l’examen cytologique permettait d’établir un diagnostic étiologique dans environ 25 % des cas. Par ailleurs, pour les épanchements néoplasiques, les études ont mis en évidence une sensibilité variant entre 67 et 92 %.

Chez le chien, l’utilité de l’examen cytologique c’est-à-dire sa capacité à établir un diagnostic étiologique (infectieux ou néoplasique principalement) n’avait pas été établie. Cagle et coll. présentent dans cet article les résultats d’une étude rétrospective incluant 259 chiens ayant eu une analyse cytologique d’un épanchement péricardique entre 1990 et 2012 au Veterinary Medical Teaching Hospital de l’université de Davis (Californie).

Sur les 259 cas inclus, 233 (90 %) ont été classés comme hémorragiques, 12 (4,6 %) comme épanchements néoplasiques et 8 (3,1 %) comme épanchements infectieux. Les 6 derniers cas (2,3 %) ont été classés comme « autre » et correspondaient à un épanchement chyleux, un transsudat, un transsudat modifié et un épanchement avec forte inflammation neutrophilique et cellules mésothéliales réactives. Ainsi, un diagnostic étiologique a pu être établi pour 7,7 % des cas.

Les épanchements néoplasiques comprenaient : 7 tumeurs à cellules rondes (dont 5 lymphomes, un sarcome histiocytaire et une non classée), 1 carcinome, 3 tumeurs à cellules épithélioïdes atypiques (probables mésothéliomes) et 1 hémopathie maligne. Aucun cas d’hémangiosarcome n’a pu être diagnostiqué sur la base de l’analyse cytologique. Les épanchements infectieux correspondaient à 7 infections bactériennes et 1 cas de Candida Albicans.

De manière intéressante, les épanchements pour lesquels un diagnostic étiologique a pu être établi présentaient un hématocrite significativement plus bas que les épanchements pour lesquels un diagnostic étiologique n’a pas pu être établi. En sélectionnant uniquement les épanchements avec un hématocrite inférieur à 10 %, l’utilité diagnostique de la cytologie (c.-à-d. la capacité à établir un diagnostic étiologique) montait à 20,3 %, comparativement à 7,7 % pour l’ensemble des épanchements péricardiques.

En conclusion, cette étude confirme que l’utilité diagnostique de la cytologie dans l’analyse des épanchements péricardiques canine est variable et dépend de l’étiologie sous-jacente ; l’analyse cytologique permettant notamment de diagnostiquer des processus septiques et des tumeurs à cellules rondes. Elle montre également que les chances d’établir un diagnostic étiologique sont d’autant plus grandes que l’hématocrite est bas.

Photo : Épanchement péricardique avec amas de cellules mésothéliales (flèche) avec une cellule en mitose et macrophages phagocytant des globules rouges (tête de flèche). MGG, Objectif x50 (huile à immersion). 

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